Monthly Archives: November 2012

Au Nord de Tout

Bonjour à tous, et bienvenue dans le volet francophone de cette narration voyagesque ! Qu’il est bon de ranger mes oripeaux anglophiles et d’enfin pouvoir m’exprimer au lectorat francophage dans cette langue maternelle, maternante et matricielle.

C’est donc les yeux un peu trempés que nous quittions Darmstadt, le bide déjà douloureusement nostalgique des merveilleux Alex et Torsten et de leur concert-événement Gute Stube. Nous nous dirigions alors vers la Belgique, charmant sas de transition entre l’Allemagne et la France, pour atteindre un Liège miné par une sévère grève des transports en commun. Ce détail malheureux affecta grandement le volume de notre public au Fiacre (un bâtiment des Postes datant du 16ème siècle partiellement réaménagé en salle de concerts aux murs de pierre et à la décoration un tantinet boisée-design), car les gens sont très dépendants des bus pour se déplacer – la guindaille ne fut donc hélas pas au rendez-vous. Notre séjour belge fut bref, mais j’ai eu le temps d’engloutir une mitraillette à la fricadelle, de composer une chanson d’intro de derrière les fagots, et surtout d’apprécier à nouveau la musicalité de ce bel accent wallon ainsi que l’entrain contagieux si caractéristiques de la population locale.

Après avoir attendu un bus à un arrêt improbable indiqué nulle part (nous nous basions seulement sur l’insistance de plusieurs passants : “Si, si, je vous assure, il va s’arrêter là votre bus” ; “Oui, mais ça ne dit pas Eurolines sur un poteau ou quoi” ; “Mais puisque j’vous dis que l’arrêt est là” ; “D’accord, mais ça paraît étrange, vous êtes sûrs qu’il s’arrête pas ailleurs” etc..), nous pénétrions finalement à l’intérieur d’une navette surchauffée et bondée de personnages patibulaires effectivement en partance pour la France. Après quelques détours interminables par Anvers et Gent, histoire de faire durer le suspense, nous arrivions à Lille, première escale en cette terre longtemps promise à Charlotte : tu verras, les croissants, tu verras les chouettes gens, tu verras, c’est dément ! Et puis quelle meilleure ville que Lille, animée, organique, sophistiquée, pour présenter les douceurs du pays à ma compagnonne de voyage ? C’est en sifflotant “Ça sent si bon la France” (un classique chauvin et controversé de Maurice Chevalier) que nous partîmes en route pour le Caf& Diskaire, légendaire havre de paix et de joie pour le musicien, le mélomane et le fan du croque-madame.

Après avoir visité la ville en mode marathon dans une course contre le coucher de soleil hivernal (nous appréciâmes les installations de “Lille Fantastique” : une maison renversée “tombée du ciel” et autres surprises urbaines), nous prenions à bras le corps un concert entièrement acoustique et sans filets pour la joviale troupe d’oreilles assemblées pour l’occasion. Nous passâmes une belle soirée en délicieuse compagnie dans ce petit temple précieux, et après deux semaines en Allemagne à ruminer mes textes sans possibilité de partage, je sautai sur l’occasion de tester des fragments de poésie récente, et donc fragile, sur ces cobayes attentifs et enthousiastes.

Le lendemain soir, grâce à la chaleureuse invitation de Dominique, nous réalisions un petit set acoustique à son domicile dans la campagne environnante de la région lilloise pour sa famille (nous permettant de battre ainsi un record en jouant devant un grand-père de 85 ans) et ses amis fous de musique, un exercice toujours apprécié pour le chansonnier qui permet de s’adresser à son interlocuteur sans artifices. Et puis, pour un chansonnier en tournée, il n’y a rien qui égale le confort de chanter en pantoufles dans un salon, après tant de tapis de scènes poisseux et de journées entières passées dans ses chaussures !

Nous délaissâmes ensuite le Nord pour pousser vers la Normandie, traversant la moribonde Picardie dans un brouillard des plus sinistres, débarquant au bout des rails dans un Rouen paralysé par un récent accident sur un pont étant malheureusement un axe de circulation majeur. Yann et Thierry nous avertissent que la foule risque d’être clairsemée en conséquence, et assurent un accueil impeccable dans un Shari Vari récemment renové aux murs à la peinture encore fraîche, et à l’éclairage discothèque particulièrement inadapté pour notre set rustique. Le public rouennais n’a pas gagné en température depuis mon dernier passage : ah, ces gens qui se plaignent de leur semaine de boulot dos à nous et à moins d’un mètre de la scène pendant que l’on s’évertue à pousser notre chansonnette ! Notre petite fierté est d’avoir chacun réussi à dompter un silence précaire durant quelques minutes. Nous fûmes vraiment reconnaissants que certains de ces auditeurs critiques et exigeants nous aient fait l’honneur de se taire. Je me dis naïvement que cela doit être un signe de vague talent si l’on condescend à interrompre sa conversation pour nous écouter quelques secondes.

Quant au triste groupe du coin partageant le plateau avec nous, ils ont brillé par leur indifférence snob à notre égard, confirmant ainsi les clichés en vogue de folk-rockeurs maussades et prétentieux. Il est vrai après tout que nous ne sommes que de jeunes branleurs en vadrouille, et ne méritons pas l’attention de tièdes trentenaires qui eux ont “réussi à vivre de la musique”. Je ne jalouse pas pour autant cette hauteur toute “professionnelle”, si elle se résume à fumer des joints et renverser des bières, cachés dans une cave à causer SACEM et SMAC. Plus tard, le dancefloor trembla grâce aux mains expertes d’un Dj Seb Petit qui envoie la purée avec une playlist efficace, dont un “You Really Got Me” Kinksien entonné par la faune Heinekenisée dans sa version détournée “Chauffez les gamelles” (à essayer à la maison, vous verrez, c’est assez drôle).

S’ensuit alors une semaine à Paris à un rythme évidemment effréné, dans ce grand aspirateur de l’âme qu’est notre capitale. Après une répétition sauvage de mon “Where Is My Miracle ?” à très bas volume (voisins sensibles oblige) dans un cagibi de la salle de concerts La Loge où ils se produisaient, nous avons le plaisir, que dis-je l’honneur, de rejoindre l’incredible trio des Odran Trümmel sur scène pour jouer cette chanson épique, accompagné de Charlotte au shaker (pas à la cuillère) et aux voix. Leur concert fit comme toujours l’effet d’une claque joyeusement prise dans la gueule et je dis et redirai encore sous la torture qu’Odran Trümmel for President, Odran Trümmel for King.

Le lendemain, nous revenions dans le 11ème arrondissement pour notre concert au Motel, organisé par la joviale et exquise équipe des Balades Sonores. Moi qui pensais bêtement que toute la France serait ce soir-là engluée à son écran plat pour attendre le résultat des essentielles élections de l’UMP, je fus surpris de voir un beau petit public face à nous dans ce bar agréable à la branchitude tolérable. Ce fut donc un plaisir d’harmoniser face à ces gens réactifs et doux, dans cette cotonneuse soirée de dimanche parisien dont nous n’attendions rien, mais que nous quittâmes contents.

Sinon, et bien, notre séjour eût l’allure d’un ride d’auto-tamponneuses qui ne s’arrête pas : sueurs froides sur Vélib’, retards systématiques aux rendez-vous ratés, statuettes et masques effrayants du quai Branly, traiteurs asiatiques hors-de-prix aux crevettes douteuses, horreur absolue de la quantité de sans-abri dormant dans des recoins improbables recouverts d’improbables couvertures de survie, circuit des librairies pour récupérer les millions qu’ils me doivent pour le trafic de ma poétrie, conversations éphémères avec de vieux copains, concours de lancers de bouteilles de Coca au jardin de plantes au petit matin, Haribos et films d’horreur coréens, le tout au son d’un grommellement continu qui résonne dans la cité, issu d’un mal de vivre assourdissant.

Nous eûmes la chance d’être hébergés dans une chambre de bonne classieuse près de la rue Mouffetard, où notre entassement subit une gradation étouffante, puisque nous y fûmes d’abord sans notre hôte (2) puis en sa charmante compagnie (3) pour finir avec un dernier larron (4), ce qui commença à faire beaucoup de chair pour un huit-mètres carré. Il devint alors impossible d’étendre le bras ou toute autre manipulation sans toucher quelqu’un, donnant lieu à plusieurs manœuvres maladroites et autres accidents parfois cocasses.

La lutte pour l’espace de vie, très parisienne, est toujours l’occasion de découvrir ou retrouver les bonheurs et les tragédies d’une proximité poussée à l’extrême. Quand ton choix de position nuptiale est rétrécit à un compromis entre l’haleine toxique de l’un ou le ronflement sismique de l’autre, tu sais alors que tu es pauvre et à Paris. Et je passe les détails du fuckin’ portrait de Mozart qui ne te quitte jamais des yeux, de l’odeur illégale qui imprègne la pièce dès que le frigo est ouvert, de la nécessité de siffler très fort dans une fausse décontraction quand on est aux toilettes, de la tronche du camembert oublié tout un week-end sur le balcon et des tendances égoïstes de certains à tirer la couette de leur côté comme si c’était leur propriété unique.

Enfin, la bouche sèche d’avoir trop parlé, les pieds rouges d’avoir trop marché, il était temps de rejoindre la province simple et sereine. Nous nous précipitions vers Nantes sans demander notre reste à ce Paris d’enclave et d’enclume, pour un week-end de festival Bars Bars où nous avions la chance de nous représenter deux soirs de suite au mythique Violon Dingue, véritable institution locale du café-concert. Nous subîmes un premier soir aux conditions sonores difficiles, en raison d’un système de piètre qualité, où nous assurions la première partie d’un groupe de blues néo-orléanais…de Bordeaux. Le public relativement bavard et de plus en plus imbibé ne porta qu’une attention aléatoire à nos modestes histoires, mais nous assurâmes un folk’n’roll coriace dans l’espoir d’atteindre quelques oreilles dans le chaos ambiant. La visite prévue de deux amis Canadiens de Charlotte aida à ajouter un peu de couleurs à cette soirée qui se finit dans un circuit nocturne sympathique, où nous explorions comme des enfants émerveillés la programmation éclectique de ce festival se déroulant simultanément dans tous les bars de la ville, comme une fête de la musique sous contrôle. Ainsi, nous tombâmes sur des quinquagénaires braillant du Talking Heads, une saxophoniste distillant du Maceo Parker par-dessus les beats et les scrats d’un DJ mélangeant musique d’ascenceur dansante et hip-hop brésilien, un violoniste manouche amoureux de lui-même excitant les meutes saoûles avec du Django joué avec un panache un peu surfait, et autres belles surprises.

Le lendemain, notre concert fut nettement plus réussi, bénéficiant d’un meilleur système de son grâce à l’équipement high-tech du groupe pop-rock dont nous assurions cette fois la première partie, le très solide Roman Electric Band. Le public, cette fois épais, compact, et plus mélomane que la veille, sembla plus aimanté que la veille et nous fîmes ainsi de belles rencontres post-concert. Nous reprîmes ensuite avec nos deux compagnons décidément très jouasses à l’idée d’être en France (obsédés par les crêpes et le vin chaud) nos errances dans les rues pavées piétonnes d’une ville animée comme jamais, pour cette fois dénicher du Nintendo-core (ou 8 bit-hop) de grande qualité avec le groupe allemand Les Trucs, assurant un set grandiloquent et foutraque fait de poses théâtrales, de jeux de lumières expérimentaux et d’une musique électronique entraînante et originale issue seulement des sons de consoles Nintendo…

Quelques kebabs de minuit et Nutella du matin plus loin, il était l’heure de reprendre un TER pour poursuivre l’aventure à Tours, domicile de l’excellent label Another Record accueillant mon dernier album, pour deux concerts prometteurs, dont je vous dirai des nouvelles au prochain épisode !

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Great vibes at the Gute stube

Hello y’all ! What’s the cracker like ? I have unfortunately been away from consistent wi-fi, computers and chairs for too long and left this blog sadly un-updated. I deeply apologize to those who care, but you should know by now : I’m such a terrible, terrible person.

The Darmstadt gig ended up being a wonderful fireworks finale show to our first leg of the German tour. The Gute Stube concept, around for six years now, is quite fantastic : a trashy culture lounge event that takes place on a monthly basis in an old theatre which is a converted car garage. The stage is vintagely decorated with a winged armchair, sixties-style wallpaper, a kitschy floor lamp, a scarf from the local soccer team, old pictures of strangers found in random places, and other meaningful items. “Underground” without never being “hip” or “so cool”, this is the type of of small niche events, cosy and lo-fi that all songwriters die to perform for. A cherished part of the concept is the punctual start of each event at 20:15 in the evening after a ceremonious presentation of the famous German tv news broadcast “Tagesschau”.

The room was packed with a multigenerational, highly receptive and extremely quiet audience, which is all you can ask for. And for the first time in the tour, Charlotte had access to a drum kit generously lent by a friend of the promoters, which helped us bring a little more roll to the folk. Jokes were laughed at, heads were swinging to the tunes, smiles were shining, CD sales went berserk, it was a beautiful night indeed. And what else could have ended it better than an impromptu and extra-fun video shooting of a silly Christmas song for and by the local songsters Woog Riots on that very Gute Stube stage with enthusiastic members of the audience ?

The organizers Alex and Torsten put us up in their comfy apartment where they revealed themselves to be gorgeous human beings, glowing with confidence, radiating genuine love and filled with the greatest ideas. For example, they started out a punk neighbourhood choir open to everybody where they sing once a week arranged versions of obscure hits by the Dead Kennedys, PJ Harvey etc… Charlotte and I both did a home recording  for a Children Christmas Compilation they’re putting together, Charlotte sang the classic “Fred The Moose” and I tried out with exhausted vocal chords “Petit Garçon”, a go-to-sleep ditty translated and made famous in France by the great Graeme Allwright.

In an effort to keep the tour fitness and health-oriented (our pride so far is not to have given up just yet), we accompanied Alex in a few runs around the track and exercised on fun outdoor training machines originally intended for older people that had specific tricks for different muscles. The city left us with a warm and fuzzy impression of sophistication, culture and laid-backness and on hopping on the train to Belgium, we definitely gave Darmstadt a last look behind that meant : “I shall be back, you awesome you”.

Bahnhofing : Catching the train of thought

Welcome back, avid readers of tour diaries, how’ve you been ? On our end, it’s been a lot of Bahnhof-hopping if you ask me. Our gig and stay in Leipzig was quite uneventful, paling in comparison with the memorable Berlin kick-off of the night before. Charlotte spotted on her afternoon stroll what she called “Hobbit Gardens” that actually turn out to be community gardens spread all over Germany, always with a similar layout: picturesque patches of green sprinkled with neat wooden shacks where tools and seeds are kept.

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On my own walk to discover where the fun was in this famous Classical Music city (home to Bach and Wagner, no big deal), I only managed to get yelled at in an undecipherable gibberish for jumping the fence of a residential building when I got stuck in some sort of hospital park and hustled my way out. I had my hood on, a long black coat and spoke an ugly German so this young woman had every right to be freaked out, really. After a quite icy show in a glaucous coffee-house setting, we cabbed to our artists’ sleeping rooms, upstairs a very smokey and loud venue. The noise from the club was deafening, and I remember hearing russian voices at some point in the foggy haze of my sleep – probably another band staying in these same apartments hanging out in the hallway.

On day 3 of the journey, just for the fun of it, a dead horse stuck on the tracks delayed us for what felt like forever in the thick of nowhere. Considering the barren and bleak lands I glimpsed at in-between drifting in and out of sleep, I can definitely pinpoint the source of the suicidal tendencies of the local cattle. Staring at this gloomy countryside under a low mayonnaise sky for days will probably raise up this relevant interrogation : mmh, maybe something better awaits me beyond after I make a decisive jump in front of a Deutsche Bahn train ? Too bad this fellow gave it a shot on that precise day, but again, I can hardly blame him.

That night, the thousands of people expected didn’t show up at the show in Offenbach (sort of a residential suburb of Frankfurt) but genuine laughs and enthusiastic claps were heard at the fantastic Hafen 2, which I always assume as signs of enjoyment. We then suffered our second night in a row of sleeping above a techno club, held hostage again by raw electronic beats, bass waves pounding in our skulls, every item shaking on the shelves and adding its jittery sound to the chaos : it felt like trying to taking a nap in the control room of a rocket while it’s taking off to space. This is how loud this devilish cacophony was : I could barely make out was Charlotte was trying to say, and she was sitting on her bed not even two meters away from me. At some point that day, we had come up wit the idea of the band name Eurotrash Infection and this, among my good old H.P. Podcraft, helped me soothe my way into slumber, despite the violent war raging under us.

We then had two days off to enjoy Frankfurt, haven for business bankers, consultants and IT suit-and-tied people. A little unimpressed by this modern jungle of office buildings and unending flocks of malls, we took shelter in a packed movie theatre to soak in the cool of the brand new James Bond movie, of which I enjoyed the very British and classic, old-fashioned vibe. To celebrate this good moment of entertainment, we sticked around afterwards, binging on second-hand Pop Corn left for dead on a seat beside us. We were quite amazed and grossed-out to realize that people bought Pop-Corn in giganormous buckets and ordered half-liters glasses of coke they never ate or drank to the end, american-style one might say.

We were hosted by a gentle and helpful Couchsurfer who let Charlotte sleep in his bed while I lay on a hardwood floor pressing on my ribcage and dug deep into my hip bones, but hey, it sometimes hurts to be a gentleman. It might come across that I’m here totally showing off how bad-ass I am but I was whining inside the whole night really. The next day, on the way to some serious shoe-shopping (another shelter to escape this definitely uninspiring city of glass), we stopped to listen to some Bulgarian street musicians ripping it on some epic tunes from their homeland on derbouka, clarinet and piano accordion. A small group of hippie-looking dudes with instruments and luggage staggered out the subway and stood next to us, listening with much attention to the wild solos. And then, in a what-the-hell kind of a moment, it turns out that some of them were musical acquaintances of Charlotte from Toronto, The Lemon Bucket Orkestra, a Balkan band just in from the airport where they had a long layover before heading to Romania for a tour. We all marvelled at the funny coincidence, and they were soon invited by the cheerful trio to join them in a Balkan jam, an impromptu supergroup which quickly gained some momentum, attracting all the cool and the bizarre souls of Frankfurt, as you can see in the snippet video below.

In relatively uptight Frankfurt, it felt like it might have been the grooviest thing happening and it was terrific to be right at the epicentre of it. We didn’t forget our first consumeristic intention though and went on to purchase sweet-looking shoes which didn’t fail to flatter our extra-vain artist’s egos. The adventure ended with pleasant late-night chats with our delightful Couchsurfing host. He mentioned that his tight-ass neighbour is always dressed in an impeccable suit and tie, even when he is gardening or taking out garbage/recycling, which shall linger on for me as a good example of how funky the life is in Frankfurt. Of course, there must definitely be pockets of cool hidden in there, but we were unlucky at unearthing them this time around.

On our first night in the city, when we went on a desperate hunt to grab some late-night grub, we got attracted to what seemed like a happening neighbourhood because of its bright lights shining out from many stores and buildings, assuming stuff would be going down there, including cheap kebabs. It soon turned out that this shiny avenue was the infamous gritty Red-Light district, swarming with shady characters, trans-gender prostitutes and other fascinating night creatures you would only find there and then. The lights and flashing signs gleaming all over the 24 hour-casinos, sex-shops and “massage” rooms worked as an effective magnet for lost souls, creeping out of the darkness and gathering clumsily like drunken flies looking for a midnight fix. A lively scene indeed, but cringe-inducing enough that we soon left this sketchy rallying point where coarse and unhealthy-looking males were rushing to because of the promise of dirty entertainment. Funny how the brightest, best well-lit street in the city is actually the spot where the darkest things are going on.

Before leaving the city, we made sure to check out the “Schwarz Romantik” exhibit at the Städel Museum, comprised of very dark, twisted and shocking lesser-known paintings and drawings from Goya, Delacroix, Blechen… Focused on the darkest part of the romanticism movement, the works of art showed many gruesome representations of the Devil, depictions of crude Bible scenes or common cruelties of the 19th century. What stood out for me were the excerpts from the fantastic 1920’s movies Faust and Nosferatu from Murnau, which still look fantastic in gothic black & white, spooky sets and exaggerated acting.

Then it felt about time to move the party to Hanau, a town a little further away from Frankfurt than Offenbach, which proved very quickly to have a way chiller vibe. After a sweaty and semi-lost walk to the venue asking directions to confused locals, we reached the mighty Brückenkopf, a bar/restaurant/music venue who seems to have been around forever, placed right on an old bridge. We performed solid sets in front of a true music-loving crowd, including die-hard regulars, all eyes and ears focused in a silence that was more respectful than glacial. A kind stranger dropped us off afterwards at our hotel (yes, living it up) where we smuggled some cereal bowls from the “continental breakfast” hall up to our room to watch CNN about the exciting US elections’ night. The next day, Charlotte cranked up the TV to wake me up with the upbeat news of the re-election of the Obaman.

The train trip to Köln was very scenic, especially when at some point the tracks went right along the Rhein river for a while, passing many cool castles in ruins perched on hills and quaint old villages. The show at the Lichtung was full of fun and included good post-show talks with enthusiastic audience members and freaky paintings galore on the walls. Visiting a cousin in Rheinbach outside of Köln, we enjoyed homemade dishes sitting at a family table, walking around a forest where trees were slowly undressing their orange garments, and I must confess I spent a good hour screaming and giggling down water-slides at an awesome indoor swimming-pool. I mean, come on : they had a “Black Hole” water-slide with the whole ride spent entirely in the dark with surprising sharp turns and slopes, how could one resist ? I introduced myself to the tanning salon joys, lying down naked on this heating capsule made me feel as if I was in a space ship getting a little too close to the sun. The town felt very German : pristine sidewalks, well-renovated charming ancient buildings and a gentle, quiet population.

I’ll end this long post (whoever’s still there reading this is a world champion) with our trip to Castrop-Rauxel (a name who sounds hilarious to  most Germans for whatever reason, which is good for me to get easy laughs from an audience). Quite a relaxed afternoon really in this pleasant small town, hanging out at the train station’s bakery, then at the LIDL’s bakery , it was all about food and conversations until the venue opened its doors to us. Definitely radical, anti-nazi and alternative, the Bahia de Cochinos was a fantastic venue filled with the nicest human beings. We were treated like queens of the underground by the amazing staff, and we played good opening sets for Phoebe & Matt, despite dragging bodies bordering on utter exhaustion. We left like thieves early the next morning, quite pumped to head back towards the Hessen state to play a very thrilling show in Darmstadt : the legendary Gute Stube show, but that’s another story…

Thanks for reading, and until next time, stay hydrated!

Working Girl Vs. Hobo

Two very different approaches to the enjoyment of a train ride. One is all serious and professional while the other sees in it a mere opportunity to catch up on slumber-time. Beauty shots taken on a regional train while getting to Offenbach after a very confusing and choppy trip from Leipzig involving a deceased horse stuck on the tracks for 2 hours. More soon!

…then we take berlin!

Hot damn, we kicked-off this tour in magical Berlin with a mean bang ! The legendary Schokoladen indie venue, a chocolate-factory building squatted since 1989 and threatened many times of disappearance by the gentrification pressures of the hip “Mitte” neigborhood, bore many promises of fun and absolutely delivered, and beyond : the room was packed and music-friendly (sprinkled with many grinning familiar faces), the staff was made of awesome, the DJ kicked serious ass, and the sound-man may very well win my 2012 Gold Medal of Genuine Enthusiasm Coming from Sound Engineers (GECSE).

Charlotte and I alternated our Greatest Hits in a “round-robin” singer-songwriter style and had great fun playing a shared opening set for the Brooklyn-based songwriter Phoebe Kreutz, who among other fun ditties, spoofed up brilliantly some Velvet Underground songs with a junk-food twist : “I’m waiting for the delivery man, 26 coupons in my hand…” or my personal fave “It’s such a pizza day, and I’m glad I got to spend it with food, so just keep the oven on, keep the oven ooooon”. Post-gig festivites involved wild dancing, awkward jokes, competitive fuss-ball and liters of local Fritz-Cola, very fine ingredients indeed to finish off a fantastic evening. If we can keep the vibe of the tour groovy just like yesterday’s show, we’ll come home the happiest campers of Lalaland.

Ps : Hmm, sorry French readers, I actually decided to write the blog in English until I get to France. So what, sue me !

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